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Le corps
constitue l'élément central du processus
d'individuation qui traverse l'histoire de nos sociétés.
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lundi 17 mars 2008

Le corps, support de valeurs.

Dans un article de la prééminicence de la main droite, Robert Hertz a ouvert un champ d'étude sur les représentations et les valeurs associées aux composante du corps humain ou au corps humain lui-même.

"A la main droite, écrit-il vont les honneurs, les désignations flatteuses, les prérogatives. Elle agit, elle ordonne, elle prend. Au contraire, la main gauche est méprisée et réduite au rôle d'humble auxiliaire : elle ne prend rien par elle-même ; elles assiste, elle seconde, elle tient" R. Hertz discute de la raison de cette asymetrie qui privilégie la main droite sur la main gauche alors que l'éducation pourrait octroyer aux deux mains une même efficacité pratique. Un interdit social pèse sur l'usage de la main gauche et ne fait pas la belle vie au gaucher. Des valeurs et des fonctions contrastées distinguent les deux partie du coprs. Ces assignations contraires, R Hertz les fait découler de la polarité fondamentale du sacré et du profone. D'autres oppositions puisent au même dualisme : la lumière et les ténèbres, le jour et la nuit, le corps et l'esprit, ect. "

La société, l'univer entier ont un côté sacré, noble, précieux, et un autre, femelle, faible, passif, ou, en deux mots, un côté droit et un côté gauche : et l'organisme humain serait le seul symétrique ?
Il y a là, si l'on réfléchit, une impossibilité : une telle exception ne serait seulement une inexpliquable anomalie, elle ruinerait toute l'économie du monde spirituel... Si l'asymetie organique n'avait pas exister, il aurait fallu l'inventer.

" A la droite est associé la force, le bénéfique, le noble; à la gauche est associée la faiblesse, la fourberie, la maladresse, ect."

Dextérité et gaucherie ne sont pas seulement des désignations fonctionnelles, mais aussi des valeurs morales. Un travail classique de Mary Douglas montre que le corps
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est le modèle par excellence de tout système fini. Ses limites peuvent représenter les frontières menacé es ou précaires. Comme le corps a une structure complexe, les fonctions de, et les relations entre, ses différentes parties peuvent servir de symboles à d'autres srtuctures complexes. Il est impossible d'interpréter correctement les rites qui font appel aux excréments, au lait maternel, à la salive, ect., si l'on ignore que le corps est un symbole de la société, et que le corps humain reproduit a une petite échelle les pouvoirs et les dangers qu'ont attribue à la structure sociale".
Le corps métaphorise le social, et le social métaphorise le corps. Dans l'enceinte du corps ce sont symboliquement des enjeux sociaux et culturels qui se déploient.
Les organes et les fonctions du corps humains se voient attribuer des représentations et des valeurs différente d'une société à une autre. Parfois même, au sein d'une même société, elles diffèrent aussi selon les classes sociales en présences. Pour nos sociétés par exemple, les pieds ne sont guères investis. Organes situé au bas du corps, ils inacarnent l'echelle la plus basse de la valeur. Touchant la terre, au seuil de l'homme et l'enracinant au monde, ils sont aussi lieux de contact. La claudication est ainsi parfois le symbole de la communication avec l'au-delà ; le danseur boiteux ou qui saute à cloche-pied, se tient en équilibre entre deux mondes, il manifeste l'ambiguïté de sa position d'intercesseur. L' histoire du combat de Jacob et de l'Ange, laissant l'homme claudiquant, en est une saisissant illustration. Les symboliques respectives des mains, des dents ou celle du sang ont par exemple été longuement étudiées. Des organes nobles (coeur, poumons, ect.) s'opposent à des organes plus "gauches" (reins, ventre, sexe, ect).
Le visage est, de toutes les zones du corps humain, celle où se condensent les valeurs les plus élevées. En elle se cristalise le sentiment d'identité, s'établit la reconnaissance de l'autre, se fixent les qualités de séduction, s'identifie le sexe, ect. L'altération du visage qui montre une trace de lésion aux yeux des autres est vécue comme un drame, à l'image parfois d'une privation d'identité. Une blessure même grave, et laissant une cicatrice profonde à un bras, à une jambe ou sur le ventre n'enlaidit pas ; elle ne modifie en rien le sentiment d'identité. Le visage est, avec le sexe, le lieu le plus investi, le plus solidaire du Moi. L'ebranlement personnel est d'autant plus puissant quand l'un ou l'autre sont atteints. De nombreuses traditions associent le visage à une révélation de l'âme. Le corps trouveraient là la voie de sa spiritualité, ses lettres de noblesses. La valeur à la fois social et individuelle qui distingue le visage du reste du corps, son éminence dans la saise de l'identité tient au sentiment que l'être entier est là. L'infinitésimale différence du visage est pour l'individu l'objet d'une inlassable interrogation : miroir, portrait, photographie, ect. .

vendredi 14 mars 2008

L'enfer c'est les autres

L’image que nous renvoie un miroir est une image à apprivoiser.Nous gardons un parfait contrôle sur elle : il suffit de replacer une mèche, de redresser les épaules ou bien même de rectifier le rouge mal posé. La privation du miroir crée le désarroi : en effet, il ne reste plus que le jugement des autres, mais sans aucune possibilité de maîtrise. On est souvent victime de la perte de contrôle de sa propre image. C’est pourquoi l’autre devient un support nécessaire pour garder une sorte d’illusion sur soi. Personne ne peut nier qu’aujourd’hui, on accorde énormément d’importance au regard des autres pour une multitude de raisons.

Mais sommes-nous toujours prisonniers du regard des autres ?

__ Peinture.

__  Peinture.
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