Notre époque témoigne d’un intérêt théorique croissant pour la notion de corps. Ceci n'a rien d'étonnant, puisqu’un certain nombre de technologies récemment développées ont radicalement bouleversé les catégories classiques du corps. Je pense en particulier à ces technologies qui sont déjà profondément ancrées dans notre vie quotidienne, comme par exemple l’usage mondial d’Internet ou les possibilités de la greffe.
Grâce à Internet, on peut « habiter » le cyberespace, où l’on n’a plus besoin d’un corps. La communication et l’imagination se sont libérées de la présence corporelle. Internet met sérieusement en péril l’idée du corps comme site de notre existence, de notre expérience et de notre identité. Une telle possibilité technologique implique des reformulations du corps autant dans les réflexions théoriques que dans l’art. David Le Breton, anthropologue et sociologue, affirme ainsi que le corps ne constitue plus un ego, mais un alter ego, qu’il est devenu « la prothèse d’un Moi » (Le Breton, 1999, 24), et l’artiste australien Stelarc déclare que le corps est « obsolète »...
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1 commentaire:
Je viens de participer au sondage en ligne que tu as affiché sur le blog, c'est une très bonne idée...
En votant, j'ai repensé que "notre corps nous appartient" était le leit-motif du mouvement des femmes, à l'époque des luttes pour la libéralisation de l'avortement et des moyens de contraception. Ce slogan ouvre la question très vaste de l'usage du corps, l'usage de son propre corps. A creuser ?
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